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L‘AFFIRMATION COMMUNE DE PORVOO
3 - NOS ACCORDS DANS LA FOI
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Anglicans de Grande-Bretagne et d‘Irlande
et Luthériens des pays Nordiques et Baltes ne se sont à
aucun moment condamnés en tant qu‘Églises et ne
se sont jamais séparés de manière formelle. Mais
une mise en œuvre plus profonde de la communion est certainement
désirable et paraît maintenant possible, sans nier la
diversité légitime et fructueuse qui s‘est développée
au cours des temps dans des façons distinctes de confesser
notre foi. Les Anglicans ont eu tendance à mettre l‘accent
sur l‘importance de la liturgie pour confesser la foi de l‘Eglise.
Les Luthériens, sans nier cet aspect des choses, ont eu tendance
à donner plus d‘importance à la confession doctrinale.
Les uns et les autres, cependant, considèrent la lex orandi
et la lex credendi comme étant étroitement liées.
La Confession d‘Augsbourg et les Trente Neuf Articles sont le
produit de circonstances différentes en réponse à
des besoins différents et ils ne jouent pas le même rôle
dans la vie des Églises. Des formulations leur sont communes
et portent un témoignage à la communauté de foi
dans l‘Eglise à travers les siècles. A partir
de ce fondement, les contacts et les échanges œcuméniques
modernes ont aidé à clarifier, de manière substantielle,
certains questions résiduelles, en mettant en évidence,
avec plus de précision, dans quelle mesure nous comprenons
de la même manière la nature et la raison d‘être
de l‘Eglise et avons un accord fondamental dans la foi. Nous
sommes maintenant appelés à un approfondissement de
la communion, à progresser sur le chemin de l‘unité
visible et d‘une nouvelle cohérence dans notre commun
témoignage en parole et actes à l‘unique Seigneur,
l‘unique foi et l‘unique baptême. |
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Dans ce but, nous présentons ci-dessous
notre accord substantiel dans la foi. Nous puiserons dans Baptême,
Eucharistie, Ministère (le texte de Lima), et dans les réponses
officielles des Églises à ce texte. Nous puiserons aussi
dans des tentatives précédentes pour préciser
l‘étendue et la nature des accords entre Luthériens
et Anglicans. Au nombre de ces documents le Rapport de Pullach de
1973, le Rapport d‘Helsinki de 1983, le Rapport de Cold Ash
de 1983, les Implications de l‘Evangile de 1988, La Déclaration
Commune de Meissen de 1988 et le Rapport de Niagara de 1988. Tous
témoignent de l‘unité substantielle dans la foi
entre Anglicans et Luthériens. Nous sommes au bénéfice
de leurs conclusions qui constituent une contribution à notre
accord dans la foi. De plus, nous avons abondamment fait usage des
résultats respectifs des dialogues Anglicans-Catholique Romain
et Catholique Romain-Luthériens. |
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L‘accord dans la foi réalisé
dans le texte Anglicans-Luthériens se trouve confirmé
dans une résolution de la Conférence de Lambeth de 1988,
où il est déclaré que la Conférence |
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'reconnaît, sur la base du très large consensus
auquel ont abouti les dialogues internationaux, régionaux et
nationaux entre Anglicans et Luthériens et à la lumière
de la Communion centrée dans la Parole et les Sacrements vécue
dans la tradition les uns des autres, la présence de l‘Église
de Jésus-Christ dans la Communion Luthérienne comme
dans la nôtre'. |
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La Huitième Assemblée de
la Fédération Luthérienne Mondiale à Curitiba
a de même affirmé en février 1990: |
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'Cette Assemblée décide que la FLM renouvelle
son engagement pour atteindre le but de la pleine communion avec les
Églises de la Communion Anglicane, et pousse les Églises
membre de la FLM à prendre les mesures appropriées à
sa réalisation… La FLM prend acte avec reconnaissance
des progrès déjà réalisés par des
Églises membres de la FLM en vue de la communion ecclésiale
avec les partenaires nationaux/régionaux Anglicans et les encourage
à poursuivre.' |
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Nous recensons ici, résumés,
les points principaux qui nous sont communs en matière de foi
et de pratique: |
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a |
Nous acceptons les écritures canoniques de l‘Ancien
et du Nouveau Testament, prophétiques et apostoliques, comme
rendant compte et témoignant de la révélation
de Dieu en Jésus-Christ de manière suffisante, inspirée
et faisant autorité. Nous lisons les Écritures, dans
le cadre du culte, dans le langage du peuple, convaincus que dans
les Écritures - en tant que Parole de Dieu et témoignage
rendu à l‘Evangile - la vie éternelle est offerte
à toute l‘humanité, et qu‘elles contiennent
tout ce qui est necessaire au salut. |
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b |
Nous croyons que la volonté et le commandement de Dieu sont
essentiels à la proclamation, la foi et la vie chrétienne.
Le commandement de Dieu nous engage à aimer Dieu et notre prochain,
et à vivre et servir à sa louange et à sa gloire.
En même temps le commandement de Dieu nous révèle
notre péché et notre besoin constant de sa miséricorde. |
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c |
Nous croyons et proclamons l‘évangile qu‘en Jésus-Christ
Dieu aime et sauve le monde. Nous "partageons une compréhension
commune de la grâce justifiante de Dieu, c‘est à
dire que nous sommes comptés pour justes et sommes rendus justes
devant Dieu par grâce par le moyen de la foi à cause
des mérites de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ,
et non du fait de nos œuvres ou de nos mérites…
Nos deux traditions affirment que la justification conduit et doit
conduire à des ‘œuvres bonnes‘; la foi authentique
s‘exprime dans l‘amour" . Nous recevons le Saint
Esprit qui renouvelle nos cœurs et nous équipe et nous
appelle pour les œuvres bonnes. De même que la justification
et la sanctification sont deux aspects inséparables d‘un
même acte divin, de même la foi et l‘amour sont
inséparables pour le croyant. |
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d |
Nous acceptons la foi de l‘Eglise à travers les âges
telle qu‘elle est exprimée dans les symboles de Nicée
Constantinople et des Apôtres et nous confessons les dogmes
Trinitaires et Christologiques fondamentaux auxquels ces symboles
rendent témoignage. C‘est dire que nous croyons que Jésus
de Nazareth est vrai Dieu et vrai Homme, et que Dieu est un Dieu en
trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit . Cette foi est
confirmée explicitement à la fois dans les Trente Neuf
Articles de Religion et dans la Confession d‘Augsbourg. |
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e |
Nous confessons et célébrons la foi apostolique dans
la louange liturgique. Nous reconnaissons dans la liturgie à
la fois une célébration du salut en Christ et un facteur
significatif dans la formation du consensus fidelium. Nous nous réjouissons
de l‘étendue de notre "tradition commune de
spiritualité, de liturgie et de vie sacramentelle"
qui nous a donné des manières communes de célébrer
et des textes, cantiques, récitatifs et prières communs.
Nous sommes influencés par le même renouveau liturgique
et par une grande variété d‘expressions reflets
de contextes culturels différents. |
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f |
Nous croyons que l‘Eglise est constituée et maintenue
par le Dieu Trine à travers l‘action salvatrice de Dieu
dans la parole et les sacrements. Nous croyons que l‘Eglise
est un signe, un instrument et un avant-goût du Royaume de Dieu.
Mais nous reconnaissons aussi qu‘elle est en constant besoin
d‘être réformée et renouvelée. |
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g |
Nous croyons que par le baptême, avec de l‘eau, au nom
de la Trinité, Dieu unit le baptisé à la mort
et à la résurrection du Christ, l‘introduit à
l‘Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, et lui
confère le don gracieux de la vie nouvelle dans l‘Esprit.
Étant donné que dans nos Églises nous chérissons
et pratiquons le baptême des petits enfants, nous prenons également
au sérieux nos responsabilités catéchétiques
en vue de l‘éducation des enfants baptisés jusqu‘à
leur engagement responsable envers le Christ. Dans toutes nos traditions,
le baptême est suivi du rite de la confirmation. Nous reconnaissons
deux pratiques dans nos Églises, qui ont toutes deux des précédents
dans les premiers siècles: dans les Églises anglicanes,
la confirmation est administrée par l‘évêque;
dans les Églises Nordiques et Baltiques, la confirmation est
administrée habituellement par le ministre du lieu. Dans toutes
nos Églises la confirmation inclut l‘invocation du Dieu
Trine, le renouvellement de la profession de foi baptismale et une
prière pour que, par le renouvellement de la grâce de
son baptême, le candidat soit fortifié maintenant et
pour toujours. |
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h |
Nous croyons que le corps et le sang du Christ sont vraiment présents,
distribués et reçus sous les formes du pain et du vin
dans la Cène du Seigneur (l‘Eucharistie). C‘est
ainsi que nous recevons le corps et le sang du Christ, crucifié
et ressuscité, et en lui le pardon des péchés
et tous les autres bienfaits de sa passion. Le mémorial eucharistique
n‘est pas simplement un rappel d‘un événement
passé et de sa signification, mais la proclamation effective
par l‘Église des hauts faits de Dieu. Quoique nous ne
puissions offrir à Dieu un sacrifice digne de lui, Christ nous
unit à lui dans l‘offrande qu‘il fait de sa vie
au Père, le sacrifice unique, complet, parfait et suffisant,
offert une fois pour toutes. Dans l‘eucharistie Dieu lui-même
agit, donnant vie au corps du Christ et renouvelant chacun de ses
membres. Lorsqu‘elle célèbre l‘Eucharistie,
l‘Église est reconstituée et nourrie, fortifiée
dans la foi et l‘espérance, dans le témoignage
et le service quotidien. Ici nous avons déjà un avant-goût
de la joie éternelle du Royaume de Dieu. |
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i |
Nous croyons que tous les membres de l‘Église sont
appelés à participer à sa mission apostolique.
Tous les baptisés reçoivent donc des dons et des ministères
divers du Saint-Esprit. Ils sont appelés à offrir leur
être en "sacrifice vivant" et à intercéder
pour l‘Église et le salut du monde. C‘est le sacerdoce
commun à tout le peuple de Dieu et la vocation au ministère
et au service (1 Pierre 2,5). |
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j |
Nous croyons que dans la communauté de l‘Église
le ministère ordonné existe pour servir le ministère
de tout le peuple de Dieu. Nous tenons le ministère ordonné
de la parole et des sacrements pour une charge divinement instituée
et, comme telle, pour un don de Dieu à son Église. Les
ministres ordonnés sont en relation, comme tous les chrétiens,
à la fois avec le sacerdoce du Christ et avec le sacerdoce
de l‘Église. Cette unité fondamentale du ministère
ordonné est exprimée dans le service de la parole et
des sacrements. Dans la vie de l‘Église cette unité
a pris une forme différenciée. Le triple ministère
de l‘évêque, du prêtre et du diacre est devenu
le modèle habituel dans l‘Église des premiers
siècles et beaucoup d‘Églises le conservent aujourd‘hui,
parfois de manière partielle. "Le triple ministère
de l‘évêque, du presbytre et du diacre peut servir
aujourd‘hui à exprimer l‘unité que nous
cherchons et être également un moyen de la réaliser". |
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k |
Nous croyons qu‘un ministère de "supervision pastorale"
(episcope), exercé de manière personnel, collégial
et communautaire, est nécessaire au témoignage et à
la sauvegarde de l‘unité et de l‘apostolicité
de l‘Eglise. De plus, nous conservons et employons la charge
épiscopale comme un signe de notre intention, sous le regard
de Dieu, d‘assurer la continuité de l‘Église
dans la vie et le témoignage apostolique. Telles sont les raisons
pour lesquelles toutes nos Églises ont un ministère
épiscopal exercé de manière personnelle. |
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l |
Nous partageons une même espérance dans la consommation
finale du Royaume de Dieu, et nous croyons que dans cette perspective
eschatologique nous sommes appelés à travailler à
l‘avancement de la justice, la recherche de la paix et le soin
du monde créé. Les obligations du Royaume doivent gouverner
notre vie dans l‘Eglise et notre soin du monde. "La
foi chrétienne c‘est que Dieu a fait la paix par Jésus
‘par le sang de sa croix‘ (Col. 1,20) établissant
ainsi en lui le centre d‘unité de toute la famille humaine". |
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Ce résumé témoigne
de l‘importance de notre unité dans la foi et la doctrine.
S‘il n‘est pas nécessaire que chaque tradition
accepte toutes les formulations doctrinales caractéristiques
de nos traditions distinctes, par contre nous devons faire face aux
obstacles qui demeurent sur le chemin d‘ une communion plus
étroite et les surmonter. |
Table des matières - Préface -
Chapitre I - Chapitre II - Chapitre III - Chapitre IV - Chapitre V
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