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L‘AFFIRMATION COMMUNE DE PORVOO
2 - LA NATURE ET L‘UNITÉ DE L‘ÉGLISE
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Le Royaume de Dieu et le Mystère
et la Raison d‘être de l‘Église |
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Le temps présent exige de nous,
Églises, quelque chose de neuf. Notre accord, tel qu‘il
est transcrit dans ce texte, sur la nature de l‘Eglise et son
unité a des implications pour la manière dont nous relevons
les défis de notre temps. Nous en sommes venus à nous
rendre compte de plus en plus clairement que nous ne sommes pas des
étrangers les uns pour les autres, mais "concitoyens des
membres du peuple de Dieu, de la famille de Dieu… construits
sur le fondement des apôtres et des prophètes, avec Jésus-Christ
lui-même comme pierre angulaire" (Eph. 2,19-20). Par le
don de la grâce de Dieu, nous avons été attirés
dans la sphère de la volonté de Dieu de se réconcilier
tout ce qu‘il a créé et maintient (2 Cor 5,17-19),
pour libérer la création de tout esclavage (Rom 8,19-22)
et pour tout rassembler dans l‘unité en lui (Eph. 1,9s.).
Le but ultime et la mission de Dieu en Christ est la restauration
et le renouveau de tout ce qu‘il a fait, la venue du Royaume
dans sa plénitude. |
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Pour nous amener à l‘unité
avec lui, le Père a envoyé son Fils Jésus Christ
dans le monde. Par la vie, la mort et la résurrection du Christ,
l‘amour de Dieu se révèle et nous sommes sauvés
des puissances du péché et de la mort (Jean 3,16-18).
Par la grâce, reçue au moyen de la foi, nous sommes établis
dans une juste relation avec Dieu. Nous sommes ramenés de la
mort à une vie nouvelle (Rom. 6,1-11), nés à
nouveau, faits fils et filles par adoption et rendus libres pour la
vie de l‘Esprit (Gal. 5,4, Rom. 8,14-17). Tel est le cœur
de l‘Evangile, proclamation de l‘Eglise, et par cette
proclamation Dieu rassemble son peuple. A chaque époque, depuis
les temps apostoliques la proclamation de cet Évangile en acte
et en parole a été la raison d‘être de l‘Eglise:
"Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l‘annonçons
à vous aussi, afin que vous soyez en communion (koinonia) avec
nous dans la communion (koinonia) que nous avons avec le Père
et son Fils Jésus-Christ"(1 Jean 1,3). |
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Croire c‘est reconnaître, par
la grâce de Dieu, que la lumière est venue dans le monde,
que la Parole a été faite chair et qu‘elle a habité
parmi nous et nous a donné le droit de devenir enfants de Dieu
(Jean 1,1-13). La foi, en tant que vie en communion avec le Dieu Trine,
nous introduit dans la vie commune de l‘Eglise, le corps de
Christ, nous y maintient et nous y nourrit. C‘est le don du
pardon qui nous délivre de l‘esclavage au péché
et de l‘angoisse d‘essayer de nous justifier par nous-mêmes,
nous libérant pour une vie de gratitude, d‘amour et d‘espérance.
Nous avons été sauvé par la grâce, par
le moyen de la foi (Eph. 2,8). |
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L‘Evangile nous convoque à
cette vie en communion avec Dieu et les uns avec les autres (koinonia).
Au baptême le Saint-Esprit nous unit avec le Christ dans sa
mort et sa résurrection (Rom. 6,1-11; 1 Cor. 12,13) ; dans
l‘eucharistie nous sommes nourris et fortifiés comme
membres du corps unique par la participation au corps et au sang du
Christ (1 Cor 10,16s.). L‘Eglise et l‘Evangile sont nécessairement
en relation l‘un avec l‘autre. La foi en Jésus,
le Christ,comme fondement du règne de Dieu, naît de la
proclamation visible et audible de l‘Evangile par la parole
et les sacrements. Et il n‘y a pas de proclamation de la parole
et des sacrements sans une communauté et son ministère.
Ainsi, la communion de l‘Eglise est constituée par la
proclamation de la parole et la célébration des sacrements,
servies par le ministère ordonné. Par ces dons, Dieu
crée et maintient l‘Eglise et donne naissance journellement
à la foi, l‘amour et la vie nouvelle. |
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L‘Eglise en tant que communion doit
être considérée comme étant au service
du projet ultime de Dieu. Pour la gloire de Dieu, elle existe, en
obéissance à la mission du Christ, pour servir la réconciliation
de l‘humanité et de toute la création (Eph. 1,10).
Par conséquent l‘Eglise est envoyée dans le monde
comme un signe, un instrument et un avant-goût d‘une réalité
qui vient d‘au-delà de l‘histoire, le Royaume de
Dieu. L‘Eglise donne corps au mystère du salut, d‘une
humanité nouvelle réconciliée avec Dieu et avec
elle-même par Jésus Christ (Eph. 2,14, Col. 1,19-27).
Par son ministère de service et de proclamation, elle désigne
la réalité du Royaume ; et dans le pouvoir de l‘Esprit
Saint elle participe à la mission divine par laquelle le Père
a envoyé le Fils pour être le sauveur du monde (1 Jean
4,14 ; cf. Jean 3,17). |
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Le Saint-Esprit accorde à la communauté
des dons divers et complémentaires. Ils sont pour le bien de
tout le peuple et se manifestent dans des actes de service au sein
de la communauté et à l‘intention du monde. Tous
les membres de la communauté sont appelés à découvrir,
avec son aide, les dons qu‘ils ont reçus et à
les utiliser pour l‘édification de l‘Eglise et
pour le service du monde vers lequel l‘Eglise est envoyée. |
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L‘Eglise est une réalité
divine qui est sainte et transcende la présente réalité
finie; en même temps, en tant qu‘institution humaine,
elle partage le morcellement de toute communauté humaine dans
son ambiguïté et sa fragilité. L‘Église
est toujours appelée à se repentir, se réformer
et à être renouvelée, et doit se confier en toutes
circonstances à la miséricorde et au pardon de Dieu.
Les Écritures tracent le portrait d‘une Église
qui vit à la lumière de l‘Évangile: |
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c‘est une Église enracinée et fondée
dans l‘amour et le grâce du Seigneur Christ; |
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c‘est une Église toujours joyeuse, continuellement
en prière et qui rend grâces même dans la souffrance; |
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c‘est une Église en route, un peuple de Dieu qui possède
une nouvelle citoyenneté dans les cieux, une nation sainte
et un sacerdoce royal; |
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c‘est une Église qui confesse d‘une seule voix
la foi apostolique en parole et en acte, la foi commune à toute
toute l‘Eglise en tout lieu et en tout temps; |
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c‘est une Église avec une mission envers tous, de toute
race et de toute nation, qui prêche l‘Evangile, proclame
le pardon des péchés, baptise et célèbre
l‘eucharistie; |
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c‘est une Église au service de laquelle se trouve un
ministère apostolique ordonné, envoyé par Dieu
pour rassembler et nourrir le peuple de Dieu en tout lieu, relier
et unir à l‘Eglise universelle dans la communion des
saints toute entière; |
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c‘est une Église qui manifeste par sa communion visible
la puissance de Dieu pour guérir et rassembler, au milieu des
divisions de l‘humanité; |
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c‘est une Église dans laquelle les liens de la communion
sont suffisamment forts pour lui permettre de rendre un réel
témoignage dans le monde, garder et interpréter la foi
apostolique, prendre des décisions, enseigner avec autorité,
et partager ses biens avec ceux qui sont dans le besoin; |
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c‘est une Église qui réalise quelle espérance
Dieu a mise devant elle, la richesse et la gloire de la part que Dieu
lui a donné dans l‘héritage de son peuple, et
l‘immensité des ressources de la puissance de Dieu pour
ceux qui se confient en lui, et qui agit en conséquence. |
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Ce portrait de l‘Église n‘est
en aucune façon complet; néanmoins, il s‘offre
à nos Églises comme un appel à la fidélité
de nos vies et comme un rappel du besoin constant de repentance et
de renouvellement. |
| B |
La nature de la Communion et le
But de l‘Unité |
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Les Écritures décrivent l‘unité
comme une communion joyeuse avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ
(cf 1 Jean 1,1-10), aussi bien que comme une communion entre ses membres.
Jésus prie pour que les disciples soient un comme le Père
est en lui et lui dans le Père, afin que le monde croie (Jean
17,21). Parce que l‘unité de l‘Église est
fondée dans les relations mystérieuses entre les personnes
de la Trinité, cette unité appartient nécessairement
à sa nature. L‘unité du Corps du Christ est mis
en relation avec "un Esprit…, une espérance…,
un Seigneur, une foi, un baptême, un Dieu et Père de
tous" (Eph. 4,4-6). La communion entre les chrétiens
et les Églises ne doit pas être considérée
comme une réalisation humaine. Elle est déjà
donnée en Christ comme un don à recevoir, et "comme
tout bienfait, l‘unité vient aussi du Père par
le Fils dans le Saint Esprit". |
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Dans cet éclairage, la désunion
doit être considérée comme une situation anormale.
Malgré nos péchés et nos schismes, l‘unité
à la quelle nous sommes convoqués a déjà
commencé à être manifestée dans l‘Église.
Elle exige d‘être traduite plus pleinement dans des structures
visibles afin que l‘on voit, par l‘Esprit, que l‘Eglise
est le corps du Christ et le signe, l‘instrument et l‘avant-goût
du Royaume. Dans cette perspective, toutes les traditions confessionnelles
sont provisoires. |
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L‘unité visible, cependant,
ne soit pas être confondue avec l‘uniformité. "L‘unité
en Christ n‘existe pas en dépit de la diversité
et en opposition à elle , mais elle est donnée dans
et avec la diversité" . Parce que cette diversité
correspond à la pluralité des dons de l‘Esprit
Saint à l‘Eglise, c‘est un concept d‘une
importance ecclésiale fondamentale, pertinent pour tous les
aspects de la vie de l‘Eglise, et non une simple concession
au pluralisme théologique. Et l‘unité et la diversité
de l‘Eglise sont fondées, en dernière analyse,
dans la communion de Dieu la Sainte Trinité. |
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La force de l‘unité, les ressources
de la diversité sont assurées par les liens de la communion.
La communion avec Dieu et avec les croyants est manifestée
dans l‘unique baptême en réponse à la prédication
apostolique; dans la célébration unie de l‘eucharistie
qui construit l‘unique corps du Christ; et dans l‘unique
ministère mis à part par la prière et l‘imposition
des mains. Cette unité se traduit aussi dans une communion
dans l‘amour ; par elle les chrétiens sont liés
les uns aux autres par un engagement consacré, avec des responsabilités
mutuelles, des biens spirituels communs et l‘obligation de partager
leur ressources temporelles. Déjà dans les Actes des
Apôtres nous pouvons discerner ces liens: "Ceux qui
acceptèrent ses paroles (celles de Pierre) furent baptisés…
Ils persévéraient dans l‘enseignement des apôtres,
dans la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière…
Et tous ceux qui avaient cru étaient ensemble et avaient tout
en commun" (Actes 2,41ss.). |
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Dans le récit du livre des Actes
des Apôtres ce partage d‘une vie commune est servi par
le ministère apostolique. C‘est une description de la
façon dont ce ministère nourrit la richesse de la diversité
tout en maintenant l‘unité. Par le ministère de
Pierre et de Paul, les Gentils aussi sont baptisés. Face aux
menaces de divisions, cette décision radicale est ratifiée
par l‘Eglise assemblée en concile (Actes 15). Cela illustre
le rôle des responsables apostoliques et de leur place dans
les conciles de l‘Eglise. |
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Cette manière de comprendre la communion
a été décrite de la manière suivante:
L‘unité de l‘Eglise donnée en Christ
et fondée dans le Dieu Trine se manifeste dans notre unité
dans la proclamation de la parole, les sacrements et le ministère
divinement institué et conféré par l‘ordination.
Elle est vécue à la fois dans l‘unité de
la foi à la quelle nous rendons joyeusement témoignage,
que nous confessons et enseignons ensemble, et dans l‘unité
de l‘espérance et de l‘amour qui nous conduit à
nous unir dans un engagement communautaire. L‘unité a
besoin d‘une structure visible capable d‘inclure les différences
internes et la diversité spirituelle aussi bien que les changements
et développements au cours de l‘histoire. Telle est l‘unité
d‘une communauté qui englobe tous les lieux et tous les
temps et est appelée à rendre témoignage et servir
le monde. |
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Déjà dans le Nouveau Testament
surgit le scandale de la désunion entre chrétiens (1
Cor. 1,11-13, 1 Jean 2,18-19). Les Églises qui ne sont pas
visiblement unies, pour des raisons historiques ou parce qu‘elles
l‘ont délibérément voulu, sont contraintes
par leur foi à travailler et à prier pour retrouver
leur unité visible et approfondir leur communion spirituelle.
L‘Eglise a devant elle l‘unité comme but pour toute
la création (Ephésiens 1), lorsque le monde entier sera
réconcilié avec Dieu (2 Cor. 5). La communion est ainsi
le fruit de la rédemption et nécessairement une réalité
eschatologique. Les chrétiens ne peuvent jamais tolérer
la désunion. Ils sont obligés, pas simplement de garder
et maintenir, mais bien de promouvoir et nourrir la réalisation
la plus avancée possible de communion entre les Églises
et en leur sein. |
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Une telle communion a des aspects variés
et liés les uns aux autres. Elle exige un accord dans la foi
ainsi que la célébration commune des sacrements, maintenus
par un ministère uni et des formes collégiales et conciliaires
de consultation sur les questions de foi, de vie et de témoignage.
Ces expressions de la communion peuvent avoir besoin d‘être
inscrites dans les lois et règlements de l‘Eglise. La
plénitude de la communion exige que tous ces aspects visibles
de la vie de l‘Eglise soient imprégnés d‘une
communion spirituelle profonde, d‘une croissance ensemble dans
une même pensée, un même souci et un même
soin de l‘unité (Phil. 2,2). |
Table des matières - Préface -
Chapitre I - Chapitre II - Chapitre III - Chapitre IV - Chapitre V
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